RAPPELER N’EST PAS TRAHIR

Politique sénégalaise

Sangomar

Sangomar

·3 min de lecture
Ousmane Sonko, President du parti PASTEF, à la journée des martyrs du projet, le 07 Décembre 2025, au Grand Théâtre de Dakar

Ousmane Sonko, President du parti PASTEF, à la journée des martyrs du projet, le 07 Décembre 2025, au Grand Théâtre de Dakar

Sur la mutation politico-sociale du Sénégal et le réflexe d’une élite désorientée qui transforme le devoir de mémoire en faute morale

Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko en Conférence de presse conjointe, le 15 mars 2024, au lendemain de leur libération de prison.

Dans cette affaire, il suffit d’inverser les rôles : mettez Ousmane Sonko à la place de Bassirou Diomaye Faye, et une grande partie de l’opinion sénégalaise se déchaînerait immédiatement contre lui. La question dépasse donc largement les affinités personnelles, les sensibilités politiques ou l’attachement émotionnel à l’un ou à l’autre.

Le véritable problème est ailleurs : une partie de l’élite sénégalaise semble profondément dépassée par la mutation politico-sociale actuellement en cours dans le pays. Déstabilisée par cette recomposition des rapports entre pouvoir, légitimité populaire et engagement citoyen, elle s’accroche désespérément à ce que Sonko aurait prétendument “fait de mal” afin de rationaliser ce que beaucoup perçoivent désormais comme une rupture de Diomaye avec le projet initial.

Pour mieux se réfugier dans cette posture, elle s’autoproclame gardienne exclusive de la conscience, de la lucidité et de la raison. Certains vont même jusqu’à mesurer la “densité intellectuelle” d’un individu à son degré de désaccord avec Ousmane Sonko. Cela ne relève plus de l’esprit critique, mais d’une véritable fixation.

Et l’ironie est saisissante : à force de dénoncer les prétendus « sujets de Sonko », ces mêmes personnes finissent par entretenir avec lui un rapport presque obsessionnel. Leur discours tourne continuellement autour de sa personne, au point qu’ils reproduisent eux-mêmes ce qu’ils prétendent combattre.

Lancement du Think Tank : La structure des cadres de la Coalition Diomaye - Président autour de Mme Aminata Touré, le 02 avril 2026.

Bassirou n’est plus dans le projet

C’est probablement là que réside le cœur du débat. Une partie importante de l’opinion considère aujourd’hui que Bassirou Diomaye Faye s’éloigne progressivement du projet politique qui l’a porté au pouvoir. Les décisions prises, les orientations adoptées et certains actes posés au quotidien apparaissent, pour beaucoup, en contradiction avec les engagements, les symboles et les promesses contenus dans le programme Diomaye Président.

Dans ce contexte, rappeler au pouvoir ses engagements initiaux ne constitue ni une marque d’irrespect ni une forme de trahison. C’est, au contraire, l’un des fondements les plus élémentaires de toute exigence démocratique. Une démocratie sérieuse suppose que les citoyens puissent confronter les gouvernants à leurs promesses, à leurs discours et à leurs responsabilités historiques.

Transformer ce devoir de mémoire politique en faute morale ou en acte d’hostilité revient finalement à vider le débat démocratique de sa substance.

Toute personne qui refuse de reconnaître cette évidence ne fait plus véritablement de politique ; elle produit simplement de la littérature idéologique.

Cet article vous a plu ?

Abonnez-vous pour recevoir les prochaines réflexions directement par email.

Sangomar

À propos de Sangomar

Xam taarixou askanou nitt Ku nioul reka woor. #mambamentality

Ciskovery logo

Transformer nos tweets en articles afin de partager nos avis sur les différents sujets d’actualités.

Contact

iamciskovery@gmail.com

© 2026. Tous les droits réservés. Créé par Zimberland

Instagram logo